11 juin 2026 : Octon – Notre Dame de Roubignac

Encadrant Yves L. alias YLS

Récit Françoise M.
Nous sommes 7, Yves notre guide et 6 filles.
Direction Octon, dans 2 voitures, pour le départ de la randonnée.
Bonne idée de partir le matin : fraîcheur et belle luminosité sur le lac du Salagou.
À Octon, nous sommes accueillis par une animation de vacances d’été… Nous quittons le village et prenons un chemin qui traverse une vallée verdoyante pour arriver au château de Lauzières. Yves nous explique les différentes évolutions architecturales du château au fil des époques avec beaucoup de compétences.
Après la visite extérieure, nous reprenons notre randonnée dans un agréable et frais sous-bois pour reprendre la vallée davantage champêtre et très arborée. Notre chemin nous conduit à la chapelle Notre Dame de Roubignac du XIIème siècle.
Yves nous raconte son histoire, ses transformations successives durant les siècles. Cela est très intéressant. C’est un très beau site touristique où nous nous attardons.
Nous redescendons vers la Marette, petite rivière et remontons sur l’autre flanc de la vallée. Sur le chemin du retour, nous retrouvons à gauche le château de Lauzières.
De retour à Octon, Notre guide nous offre une boisson fraîche à la terrasse d’un café de la place.
Merci Yves pour cette magnifique et verdoyante randonnée avec une très bonne ambiance. On est tous très heureux d’avoir fait cette sortie.
Nous avons parcouru pratiquement 9 km et 280 m de dénivelé.

Récit Yves L.

15 septembre 1616 : 
Les sabots du cheval claquent sur les galets du chemin menant Pons de Lauzières, marquis de Thémines au château de ses ancêtres, le fameux château de Lauzières. Tout en quittant le petit village d’Octon, il repense à son grand aïeul, Othon, seigneur de Villecun et du Puech, qui a hérité ces terres magnifiques de l’Euzières (déformé au fil des temps en terres de Lauzières) de son oncle Guilhem, ancien compagnon d’arme de Charlemagne et comte de Narbonne.
Il contemple ces somptueux chênes verts (les fameux yeuses en langue d’Oc à l’origine du nom de sa famille) et porte son regard sur le cuir de sa selle où l’emblème du chêne vert lui rappelle un autre de ses ancêtres, Ginalfred de Lauzières qui a suivi le comte de Toulouse dans la première croisade en 1096, arborant ce tout nouvel emblème.
Il n’est pas né dans ce château mais désirait par-dessus tout y revenir pour quelques semaines, lui qui vient d’être nommé Maréchal de France à la suite de l’arrestation du Grand Condé au Louvre, sur ordre du Roi, Louis XIII. Simple capitaine des gardes du Roi, le voici dorénavant engagé dans une  brillante carrière….
 
11 juin 2026 : 
7 randonneurs lève-tôt ont décidé de refaire une partie du chemin emprunté par Pons de Lauzières. Bien-sûr en arrivant à Octon, ils ont admiré le lac du Salagou, brillant au soleil du matin mais qui n’existait pas il y a plus de 400 ans.
Certains historiens ont pensé que Octon dérivait de Othon, l’ancêtre de notre chevalier. Il est plus probable que Octon découle de Octavomagus, le marché de la 8ème borne militaire. En effet, Octon se situe à 8 milles romains (12 km) sur la route de Lodève à Bédarieux.
Ils ont tranquillement grimpé jusqu’au château de Lauzières qui malheureusement n’est plus que ruines, inhabité depuis 1869 après la disparition de la famille Lauzières de Thémines, une des plus anciennes familles du Languedoc, faute de descendance.
Le château est inscrit à l’ISMH (Inventaire supplémentaire des Monuments historiques) depuis 1942 grâce à Henri Prades, instituteur sur Octon.
Ils arrivent au pied du grand donjon. La construction est faite de basalte noir avec du grès jaune et gris qui orne les entourages de fenêtres, les portes et les chaînages d’angle.
De ce côté-ci, le château a gardé son aspect médiéval avec ses créneaux et son chemin de ronde alors que la façade sud du côté du village s’embellit au XIVème et XVème siècles de portes à accolades et fenêtres à meneaux typiques de la renaissance.
Poursuivant le PR, ils contournent légèrement la muraille nord avant de grimper de nouveau sur le chemin pavé de galets au milieu de la chênaie majestueuse.
Le sentier est très agréable, ombragé, l’air est encore frais, ce qui ne sera probablement pas le cas au milieu de la journée. Puis notre petit groupe arrive sur les hauteurs et découvre une vue magnifique sur le petit hameau des Valarèdes entouré de belles collines verdoyantes piquetées de jaune par de magnifiques genêts. Le clocher de Notre-Dame de Roubignac est en vue….
16 septembre 1616 :
Après une bonne nuit de repos, Pons de Lauzières décide de partir s’isoler sur les hauteurs de la vallée de la Marette afin de se rendre à la petite chapelle de Notre-Dame de Roubignac pour y prier et méditer dans ce lieu paisible, centre paroissial de la région jusqu’en 1365 date à laquelle la paroisse est déplacée sur la chapelle castrale de Lauzières dédiée à Saint-Jean l’Evangéliste.
Il se rappelle avoir appris étant jeune, que cette sainte chapelle a été édifiée au Xème siècle sur les restes d’une chapelle wisigothique, sur ordre de Saint-Fulcran, évêque de Lodève, à mi-chemin entre Mérifons (lieu de naissance de l’évêque) et Lodève, son évêché.
En franchissant le tympan de la chapelle, il s’arrête quelques instants afin de regarder les deux fidèles priant de chaque côté d’une croix pattée de Malte rappelant que cette chapelle fut dépendance des Templiers quelques siècles plus tôt.
A cette heure matinale, le lieu est désert, les oiseaux s’en donnent à cœur joie. Une heure plus tard, notre chevalier ressort apaisé, il s’assoit sur une des pierres recouvertes de mousse à l’entrée du cimetière. Il aperçoit l’ancien sarcophage wisigothique qu’il a connu dans son enfance. Les tombes sont très nombreuses. Beaucoup de villageois de la région veulent être inhumés près de cet ancien centre paroissial où ont eu lieu de très nombreux pèlerinages et, dit-on, de très nombreux miracles aussi !
Le soleil commence à pointer derrière les chênes « rouvres » qui auraient donné son nom au lieu-dit voisin « Rouvignac » déjà mentionné en 804 sur le cartulaire de l’abbaye de Gellone à Saint-Guilhem le Désert, devenant plus tard Roubignac…
 
11 juin 2026 : 
Nos randonneurs atteignent le carrefour du calvaire où une croix majestueuse annonce leur arrivée à l’ancienne chapelle. L’endroit est magnifique, calme, ombragé, chargé d’Histoire. Le sarcophage wisigothique est rempli de bois mort, certainement pour alimenter un futur « barbecue » ! Le petit groupe admire le portail aux iconographies typiques du XIIème siècle surmontées du tympan pré-roman à la croix de Malte.
Ils pénètrent dans cette chapelle très bien conservée malgré son âge. Les chapiteaux à l’intérieur reprennent des motifs du XIIème siècle mais la tribune avec ses nervures et la voûte avec son arc doubleau en ogive annoncent les caractéristiques du XIII°siècle. Ce style roman dit composite est un mélange de différentes époques.
La voussure de la fenêtre du sud est également un témoin de l’influence byzantine sur le style roman.A l’extérieur, le cimetière est encore visible avec quelques pierres tombales datant de la fin du XIXème siècle mais aussi une tombe très récente.
La chapelle de Notre-Dame de Roubignac est classée « Monument historique » depuis 1954.
Non loin de cette chapelle, les vestiges d’un grand domaine gallo-romain ont été mis à jour (la Villa Rubia) rappelant que bien souvent en Languedoc, les villages en AN ou en AC ont été créés près ou autour d’un domaine gallo-romain.
Il est temps de repartir vers le ruisseau de la Marette par un chemin agréable mais pentu. Une traversée de ruffes nous force à redoubler de prudence mais une corde salutaire nous aide à atteindre le ruisseau. L’endroit est frais et reposant. Le temps de reprendre quelques forces et nous voici repartis pour une belle ascension qui sera la difficulté de la matinée afin de rejoindre le sentier sud de la vallée.
Le retour sur Octon nous permet d’admirer au passage un autre aspect du hameau de Lauzières nous apparaissant dans toute sa splendeur, accroché à flanc  de colline sur le versant nord de la vallée. Par la suite, nous atteignons le gîte du Moulin, magnifiquement restauré avant de retrouver les premières habitations d’Octon.
Revenus sur la Place de La Fontaine, notre petit groupe s’est octroyé un petit instant de fraîcheur au bar du village avant de repartir vers la civilisation urbaine !
Pour poursuivre la visite en photos il suffit de passer la porte en cliquant ci-dessous
Et pour voir la vidéo suivez le guide en cliquant ci-dessous
Photos Françoise M. et Yves L. ; Vidéo Yves L.

 

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