3 mars 2026 : Dolmen de Gallardet et Fossé des yeux

Encadrant Yves L. alias YLS

Récit Yves L.
En ce mardi 03 mars 2026, grisâtre mais sans pluie, nous étions une vingtaine à prendre la route de Tressan pour une belle balade pleine d’histoires !
Arrivés au parking du cimetière, un ancien légionnaire romain du nom de Terence nous attendait pour nous parler du temps où, à l’endroit même de notre départ, se tenait une place forte romaine au premier siècle avant notre ère. Comme souvent à cette époque, Terence, un ancien de la VIIème Légion qui venait de créer Béziers, avait reçu en récompense de sa bravoure, une importante parcelle de terre au pied du village actuel, au niveau du lieu-dit « Les Condamines ». Il nous a parlé de sa luxueuse villa gallo-romaine qu’il avait bâtie avec ses dépendances et ses commodités mais aussi avec sa pars ruralia qui regroupait toutes ses terres et ses bâtiments d’exploitations. Nous avons mieux compris la naissance de ce petit village de Tressan grâce au regroupement des « tribus » locales autour de cette grande exploitation gallo-romaine au début du Moyen-Age .

Nous avons laissé Terence pour remonter le temps en direction du Nord-Est, empruntant le chemin des Pigeonniers puis un magnifique monotrace ombragé afin de contourner la Combe Crosse et rejoindre les abords de la Ferme pédagogique du Dolmen.

Ayant traversé avec prudence la D2, nous avons grimpé vers le somptueux dolmen de Gallardet ou dolmen du Pouget. Nous étions remontés jusqu’à la préhistoire au temps de la période néolithique (période de la pierre polie!), un saut de près de 3000 ans en arrière depuis la Gaule Narbonnaise que nous avions quittée quelques kilomètres plus tôt. Sur place, un Homo Sapiens a pu nous renseigner sur l’histoire de ce dolmen. Il a été construit selon le modèle typique des dolmens languedociens avec sa grande chambre sépulcrale couverte et ouverte sur un couloir présentant une antichambre, ce qui fait sa particularité locale. Nous avons deviné le tumulus (tertre artificiel) qui avait existé et qui recouvrait cette sépulture mégalithique. Nous en avons profité pour lui demander la différence entre les dolmens et les menhirs, sujets toujours difficiles à comprendre…

Après cette nouvelle halte, nous avons poursuivi notre voyage dans le temps en partant cette fois-ci vers notre époque… par le chemin des Crozes. A l’approche du Pouget, nous avons bifurqué vers le sud pour déboucher sur l’immense plaine de l’Estang. Au détour d’un chemin, nous avons rencontré un serf du seigneur local qui travaillait sur la vigne. Il nous a appris que cette immense plaine provenait d’un ancien marais asséché au IXème siècle. Nous étions revenu à l’époque de Charlemagne et des premiers Guilhems, seigneurs de Montpellier ! C’est grâce à un réseau de galeries souterraines équipées de nombreux regards (le fameux Fossé des Yeux) que l’eau des sources des collines environnantes a pu être ainsi drainée pour assécher le marais et alimenter de nombreuses fontaines dans les villages proches (3 au Pouget et 1 à Tressan).

C’est ainsi que nous avons pu traverser, les pieds au sec, ces terres fertiles depuis plus de 1000 ans !

Mais avant de remonter vers Tressan, nous avons traversé un grand domaine agricole et avons eu la surprise de rencontrer Edmond d’Alzon, un des anciens propriétaires. Il nous a renseigné sur l’origine de ces nombreux bâtiments. C’est son arrière grand-père, le vicomte Jean-François d’Alzon qui en 1770 avait acheté la baronnie du Pouget et ce domaine de l’Estang. Des vignes y avaient été plantées mais Edmond d’Alzon avait entendu parler du merveilleux chasselas des treilles du Roi au château de Fontainebleau. Il a eu l’idée de récupérer quelques greffons de ces belles grappes « royales » et de les greffer sur une de ses vignes : nous étions en 1840…. et voici l’origine de cette fabuleuse histoire du chasselas qui a fait la richesse de la région en créant la plus grosse production de raisins de table du Midi.

Après ces différents sauts dans le temps, il était l’heure de boucler notre périple en regagnant les hauteurs de Tressan pour y faire une petite halte-goûter tout en admirant le petit village de Puilacher ancien carrefour routier de l’époque médiévale et les abords sud de Tressan notamment le lieu-dit Les Condamines…. ancienne implantation de la belle villa du légionnaire Térence !

Après 8,4 km et 2 heures de belle aventure, nous voici revenus à nos véhicules. Terence avait disparu…..nous étions bien revenus au 21ème siècle. Quel voyage !

Il est temps de regagner nos pénates avec toutes ces belles histoires en tête !

Pour découvrir toutes les photos de Christian G., Michel L. et Yves L. suivez les marcheurs en cliquant ci-dessous

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