Encadrant Yves L. alias YLS

Présentation Yves
Magnifique randonnée au départ du pittoresque village de Saint-Jean de Buèges. Après une petite marche d’approche, nous nous attaquerons à une ascension un peu exigeante, pierreuse et longue afin d’atteindre les crêtes de la Séranne (bâtons et chaussures hautes recommandés). Nous découvrirons les fameux « lapiaz » sur lesquels il nous faudra redoubler de prudence afin d’éviter les crevasses !
Puis nous suivrons la ligne de crête sans difficultés particulières jusqu’à Peyre Martine surplombant le cirque de la Séranne.
Nous redescendrons par un sentier assez caillouteux et long qui nous demandera une certaine vigilance avant d’atteindre les jolies sources de la Buèges et rejoindre notre point de départ.
Distance environ 18 km et D+ 874m

Récit Yves L.
En raison d’une météo très incertaine pour ne pas dire pluvieuse, d’un second tour des élections municipales nous contraignant à un départ tardif, d’une randonnée magnifique qui méritait un temps ensoleillé et d’une prévision nettement meilleure pour le samedi, il a été décidé de décaler la découverte des lapiaz de Saint-Jean de Buèges de 24 heures après avoir alerté notre président.
Et ce changement de programme a permis à de nouveaux volontaires de se joindre à ceux déjà partants pour cette aventure. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à Saint-Georges d’Orques 8 courageux dans la fraîcheur matinale à 8 heures du matin bientôt rejoints par 3 autres sur le parking de la cave coopérative de Saint-Jean de Buèges. Il fait très frais (4 degrés) et les marcheurs s’habillent chaudement.
Comme à l’accoutumée, nous partageons ensemble avant de se mettre en route quelques précisions historiques concernant cette merveilleuse vallée de la Buèges : les premières traces historiques de cette seigneurie de Saint-Jean de Buèges datent de l’an 990. A cette époque c’est Hugues Capet qui gouverne le royaume de France, premier Roi de cette longue dynastie des Capétiens. La région appartient au Comté de Toulouse, un des 6 grands fiefs du royaume de France. La Seigneurie dépend de la toute proche baronnie de Pégairolles de Buèges, tout comme celles de Saint-André de Buèges et des Causses de la Selle.
Au XIIème siècle, la Seigneurie de Saint-Jean érige une tour de guet chargée du contrôle et de la surveillance de la baronnie voisine. Ce donjon n’abrite à l’origine qu’une petite garnison. Ce simple donjon est agrandi au XIIIème puis au XIVème siècle se transformant en un véritable château fort, le château de Baulx. Les défenses de la forteresse sont renforcées avec le creusement d’un fossé sec, des remparts percés de meurtrières et une rampe d’accès caladée sont construits ainsi qu’une citerne et des magasins pour résister à un siège éventuel.
Aux XVIIème et XVIIIème siècles, le village va connaître une forte expansion grâce à l’élevage des vers à soie.
En 1749, le château n’est plus que ruines et sert de carrière de pierres permettant la construction de nouvelles maisons.
Pendant la Révolution, le village prend les noms provisoires de La Sentinelle, puis de Roche-au-midi et de Rochemidy. En 1813, le château est vendu à un riche verrier qui remontera les remparts mais le château est reconverti en bergerie !
En 1987, Joseph Sicard, maire de Saint-Jean de Buèges, descendant de ce riche verrier et propriétaire du château, en fait don à la commune. Les premiers travaux de restauration et de sauvegarde sont entrepris en 1990.

Après ce voyage dans le temps, notre petit groupe emprunte la rue du grand chemin afin de gagner le Nord du village en passant devant la petite mairie du village. Traversant avec prudence la D1 allant à Saint-André de Buèges, une petite halte est prévue pour ôter une première couche de vêtements au vu du relief qui commence à s’accentuer sous un beau soleil étincelant..
Le sentier est agréable au milieu des vignes, puis notre route s’élève sur un ancien chemin empierré qui nous permet de contourner les vignes et gagner le pied de la Séranne nous dominant de ses belles falaises ensoleillées.
Une seconde couche de vêtements est retirée avant d’attaquer la première montée qui est rude et exigeante. Le terrain est très sec et glissant, la pente est raide. La sueur et les souffles courts apparaissent rapidement. Nous nous élevons assez rapidement puis découvrons au-dessus de nous le sentier muletier empierré qui nous attend pour rejoindre les crêtes par la Combe-Belle, traçant de magnifiques lacets de restanques.
L’ascension se fait lentement dans ce paysage magnifique. Les points de vue sont fabuleux sur la vallée de la Buèges, Saint-Jean, Pégairolles de Buèges et plus loin le Pic Saint-Loup et l’Hortus
La colonne s’étire petit à petit permettant à chacun de garder son rythme. Tout le monde se retrouve sur les premiers lapiaz, une belle découverte géologique.

Nous gagnons ensemble les plateaux calcaires du sommet avant de faire une nouvelle halte culturelle. Ces lapiaz sont des formations rocheuses karstiques de surface créées par la dissolution des carbonates sous l’action du ruissellement des eaux chargées en CO2 (eaux de pluies, bactéries, vers de terre…) créant des fentes et des rainures plus ou moins profondes et aux arêtes parfois acérées au travers de grandes plaques de calcaire. Certaines roches de nature plus sédimentaire (métamorphique) sont marquées par des ruissellement et non des infiltrations d’eau leur donnant des aspects typiques (pseudo-lapiaz).
Le paysage est superbe mais nous redoublons de prudence pour trouver notre chemin sur ces roches découpées. Le vent se lève légèrement et au bout d’une vingtaine de minutes nous regagnons le plateau verdoyant du massif où la marche s’assouplit quelque peu. L’allure accélère. Nous profitons de cette balade plus calme pour admirer de magnifiques tapis de jonquilles. La faim commence à se faire sentir et la halte déjeuner est annoncée avant de gravir la dernière difficulté de la journée.
Une fois rassasiés, nous décidons de nous remettre en route. La grimpette arrive rapidement, les jambes sont lourdes, mais le spectacle est grandiose. Nous apercevons les gorges de la Vis et devinons les hauts du cirque de Navacelles. Nous bifurquons avant le sommet de notre périple vers le piton de Peyre Martine qui nous fait découvrir le cirque de la Séranne. Là encore la vue est splendide : nous apercevons Pégairolles de Buèges perché sur son rocher et notre sentier de descente qui serpente dans le cirque.
Il est temps de poursuivre notre chemin, nous traversons de nouveaux lapiaz avant de suivre les crêtes du cirque de la Séranne. Puis nous entamons notre descente qui se veut très caillouteuse et glissante mais qui se passe sans soucis particuliers. Une belle photo de groupe est faite avant de quitter le cirque de la Séranne et de rejoindre le petit hameau du Méjanel. Nous atteignons finalement les magnifiques sources de la Buèges où une dernière halte-goûter nous attend.
Nous en profitons pour nous rappeler l’histoire de cette source (La foux comme l’appellent les habitants). En 1908, il est envisagé d’alimenter le village de Pégairolles de Buèges avec cette eau limpide. En 1923, le captage est réalisé grâce à l’électrification du village et il faudra attendre 1971 pour moderniser le système en réalisant un forage. En 2010, l’exploitation de la source est confiée à la communauté des communes du Grand-Pic Saint-Loup : 6000 m3 sont distribués chaque année à la centaine d’habitants du village (soit 2 % du débit). Cette eau est traitée à titre préventif car elle est réputée pour son excellence sans pesticides ou pollution bactériologique retrouvés.

Mais à ce-jour, on ne sait toujours pas d’où vient cette eau. En 1889, une première visite d’étude de cette source est réalisée par Edouard-Alfred Martel mais il ne peut pas aller plus loin que cette belle vasque remplie de végétation impénétrable. Il faut attendre les années 1990 pour que 2 explorations spéléologiques puissent être entreprises après la découverte d’un étroit passage au fond du bassin. C’est une cavité à dominante verticale qui descend très vite profondément. Malheureusement ces explorations ont été stoppées à 111 mètres faute de place pour permettre de poursuivre plus en avant. Le mystère demeure !

Cette fois-ci, il est temps de rentrer. Le chemin regagne les vignes de la vallée et nous atteignons assez rapidement l’entrée sud du village de Saint-Jean de Buèges. La vue sur la tour de Baulx est vraiment majestueuse, dominée par le Roc de Tras Castel. La traversée du hameau est agréable, tellement agréable que l’encadrant du jour oublie le béaba du marcheur : regarder où mettre ses pieds ! Mais après un magnifique rouler-bouler, tout le monde est reparti vers le parking où un petit rafraîchissement nous attend.
Ce samedi ensoleillé a vraiment été la journée qu’il ne fallait pas louper pour profiter au maximum des beautés de cette magnifique randonnée.
Pour les puristes : selon ma montre (!) 18,5 km avec D+ 918m – un beau P2/T2 !
Photos Françoise M. et Yves L.
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