24 mai 2026 : Le Pic Saint Loup par le chemin des éperons

Encadrant Jean-Jacques K. alias JJK

Présentation Jean-Jacques
Pas de sentiers classiques dans cette sortie sauf le parking et quelques hectomètres au départ. Le parcours commence vers l’ouest à l’opposé du sentier de la voie normale. Nous passerons côté nord de l’arête Ouest puis nous longerons la face nord sur un sentier qui emprunte les pierriers à la lisière de la forêt et aux pieds de la falaise. Partie en T2 (1km) en majorité horizontale et courtes montées et descentes dans les pierriers. La suite est en pleine face Nord sur le chemin des éperons. 160m de dénivelé sur env. 300m de distance: donc très (très) raide. C’est un sentier en T3 entre la randonnée et l’escalade. Il faut utiliser les mains très souvent avec des prises sur rochers ou branches. Pas de sensation de vide (en sous bois) mais besoin de ne pas avoir de difficultés à s’engager dans des pas d’escalades faciles. Arrivé sur l’arête on poursuivra vers le sommet à distance de 300m sur le sentier de l’arête Ouest. On fera le pique-nique à l’écart de la foule sur ce sentier de l’arête Ouest qu’on gardera pour redescendre (Partie T2, 2km) vers les tours de Cazevieille et le parking.
Distance moins de 10 km et dénivelé d’environ 500m

Récit Yves L.
Nous étions pourtant prévenus !… Malgré tout, nous avons été 9 à nous inscrire dans les secondes (ou presque) après la réception du descriptif…. de peur de ne pas pouvoir y aller, peut-être !

Je ne sais pas si tout le monde avait bien lu ce descriptif : encadrant JJK, descriptif avec beaucoup de texte et beaucoup de phrases en rouge ± soulignées (ça mettait franchement la pression), températures prévues élevées, du T3 signalé par JJK (du jamais vu!)…

Quoiqu’il en soit, regroupés dès 8h00 devant le CCR, notre petit groupe de 10 randonneurs courageux s’est mis en route vers le fameux parking de Cazevieille.

35 minutes plus tard, bien chaussés, coiffés, réhydratés et la fleur aux bâtons, nous avons entamé notre périple en croisant le GR60, laissant de côté les premiers « touristes » de la journée ayant choisi le trajet classique de notre Mont régional ! (petits joueurs)

Nous nous sommes tranquillement dirigés vers le Mas de Tourriere puis, par une lente ascension régulière, nous avons atteint la fin de la ligne de crête du massif que nous allions redescendre un peu plus tard. Le temps de profiter d’une belle vue sur la région du Mas de Londres et sur le lac de la Jasse, nous sommes redescendus vers le ruisseau du Patus afin de rejoindre le PR de l’Ubac Courtas et bifurquer vers l’Est. Le chemin est très agréable et la température supportable en ce début de matinée. Nous apercevons sur notre gauche les hauteurs de l’Hortus et bien-sûr sur notre droite, l’impressionnante paroi nord de notre Pic Saint-Loup.

Ces 4 premiers kilomètres, menés dans une ambiance bon enfant, nous ont fait un peu oublier la suite des festivités… car brutalement, nous bifurquons à droite face à la paroi qui nous domine et grimpons assez rapidement dans un pierrier typiquement languedocien ! Quelques consignes nous sont rappelées par notre GE (gentil encadrant) : bien planter les pieds dans le sol qui s’enfoncent à chacun de nos pas afin de ne pas reculer et freiner notre ascension. La chaleur commence à se faire sentir, notre petit groupe s’étire légèrement mais chacun garde sa bonne humeur.

Heureusement, nous retrouvons les sous-bois sur 1 km en reprenant un cap plein Est…. Mais ce qui devait arriver arriva subitement alors que nous butions sur la paroi : 300 m à grimper jusqu’au sommet avec un dénivelé de 160 m ! Les bâtons sont repliés et attachés tant bien que mal sur nos sacs à dos, JJK prend la tête et après quelques pas incertains, nous attaquons notre ascension, agrippant les moindres anfractuosités de la roche, nous hissant grâce aux branches et aux troncs de la végétation environnante (les buis sont heureusement des plantes aux ramures robustes). Plus on grimpe et plus notre randonnée se transforme en escalade impressionnante mais accessible à tout le monde qui redouble d’effort. Notre encadrant préféré garde un œil bienveillant sur chacun d’entre nous et gère notre rythme afin de tous nous amener au sommet. La vue sur l’Hortus, les bois du Pâtus, la plaine et le causse est sublime. Nous en prenons plein les yeux.

Il est bientôt 13h00 et nous arrivons enfin sur les crêtes du massif, au pied de la Croix et de la chapelle Saint-Joseph. Nous arrivons à nous regrouper à l’ombre sous la frêle végétation afin de prendre un peu de repos et de nous restaurer…. Est-ce un signe de l’effort fourni mais les salades et les sandwichs ne sont pas tous terminés… et personne n’a eu le courage de se charger d’une bouteille de vin ! (c’est meilleur pour notre santé et je ne sais pas si on aurait apprécié un vin chaud en ce 24 mai!). Par contre, tradition oblige, nous avons eu droit à la farandole de délices salés et sucrés partagée par tous.

Après cette halte, nous rejoignons la chapelle de l’ancien ermitage admirant au passage, sur la paroi la plus haute, de courageux alpinistes suspendus plusieurs dizaines de mètres au-dessus du vide sur des voies en surplomb particulièrement impressionnantes.

Nous retrouvons nos fameux « touristes » arrivant par le chemin classique, plus ou moins bien chaussés, agglutinés sur cette zone où l’herbe a disparu et les cailloux patinés à l’extrême. Les planeurs, tractés depuis le petit aérodrome de Saint-Martin de Londres et lâchés au-dessus de nos têtes, se succèdent et glissent sur les courants aériens en sifflant. Ils vont nous accompagner pour la suite de notre aventure.

Le temps de faire une belle photo, nous repartons vers notre zone de pique-nique afin de poursuivre notre périple et « redescendre » vers notre point de départ en suivant la ligne de crête vers l’ouest.

C’est là que nous nous sommes aperçus qu’il manquait un chapitre dans le descriptif de JJK ! La fameuse « descente » (qui effectivement apparaît comme telle sur le dénivelé du parcours) a la fâcheuse particularité de beaucoup remonter !! Ajouté à cela un parcours semé d’embûches, la plupart du temps au milieu de lapiaz acérés et percés de fissures impressionnantes voire de véritables gouffres (on en a même vu « une » perdre définitivement un de ses bâtons, avalé par le Pic…), nous demandant une attention de tous les instants… des désescalades, des grimpettes… la grogne commence à se faire entendre dans les rangs (heureusement ponctuée d’humour potache parfois).

Notre GE à beau faire (regardez… on voit les voitures !… ) : le problème est que l’on voit effectivement les voitures mais qui nous paraissent toujours aussi loin et toujours très en contrebas malgré notre progression ! Les sommets se succèdent et nous avons l’impression de ne plus avancer. La chaleur commence à être torride, les réserves d’eau s’amenuisent… ça grogne ! L’humour potache se raréfie ! Et plus nous avançons, plus le chemin devient incertain ! On quitte la trace, on la rattrape… quelques uns commencent à se traîner d’ombre en ombre… et enfin, nous apercevons les ruines de la Tour de Cazevieille ! Un repos bien mérité à l’ombre rafraîchissante de ce témoignage du XII ème siècle, ventilé par une agréable brise du Nord. Le temps de vider les gourdes et nous terminons notre périple en rejoignant le Mas de Tourriere et le parking. La chaleur dans les voitures est suffocante mais JJK, pour se faire pardonner (?), nous a prévu de bonnes boissons bien fraîches fort appréciées.

Vous l’aurez compris, les petites critiques évoquées sur le parcours ne sont que pures taquineries vis à vis de notre encadrant du jour. Tout le monde est fatigué mais particulièrement ravi et fier de ce magnifique parcours exigeant certes mais tellement fabuleux. Un grand merci collectif à JJK pour le choix de cette sortie fidèle à sa réputation.

Nous étions pourtant prévenus … et nous ne le regrettons absolument pas !

Récit certifié sans I.A ! 😉

Récit Jean-Jacques K.
J’avoue que cette « descente » je ne la pensais pas aussi pénible. A la reconnaissance avec Patrick G, Mardi dernier, on l’a avalé plutôt facilement malgré 3 km supplémentaires en début de parcours. Bien qu’on s’impatientait aussi de voir la tour en ruine, signal de la fin de rando.
Bravo à toutes et tous, merci de m’avoir fait confiance sur ce parcours particulièrement sportif.
Pour ceux et celles qui seraient envieux(ses) et voudraient la faire, je la reprogrammerai la saison prochaine. Qu’on me fasse signe, j’ouvre la liste dès maintenant, mais toujours limitée à un groupe de dix au total.

Récit Myriam H.
Dix randonneurs téméraires et/ou inconscients se sont portés  volontaires pour  cette randonnée « aventure ».
Un départ à 8h s’impose en raison des degrés de l’après-midi. C’est par le départ classique que nous empruntons les sentiers en sous bois  bien appréciés mais çà ne dure pas. En effet, comme prévu, arrivent les traversées de pierriers sur 1 km entraînant quelques dérapages et les lapiaz quant à eux beaucoup plus stables mais attention aux trous avaleurs de bâton! La vue est fabuleuse, lac de la Jasse, au loin les pas des géants, château de Viviourès, l’Hortus  majestueux.
Nous passons à l’étape escalade, on range les bâtons plus gênants qu’aidants dans ces cas-là. Et ça monte et ça monte!!! Toujours du rocher, les mains, les pieds comme on peut ( les marches sont hautes) mais quelle récompense au sommet. Nous sommes face au mur d’escalade et vue sur la croix sur fond de ciel bleu que pour ma part je n’avais jamais vu sous cet angle. Magnifique.
L’ombre se fait rare, le pique-nique se fait sur un bout de sentier, les pierres manquent de rondeurs! Quelques branches de chênes verts pour parasol.
Nous repartons direction la croix par un chemin identique aux autres, broussailles et escalade et puis la vue à l’infini. Les photos vous illustreront tout ça mieux que les mots. Le retour se fait sur le même thème, la chaleur en plus, la crête est longue et les lapiaz brûlants. Les 2 ou 3 litres d’eau n’étaient pas de trop.
A l’arrivée aux voitures nous avons apprécié et fait honneur aux rafraîchissements prévus par JJ.
Merci JJ pour cette rando de caractère!

Photos Jean-Jacques K. et Yves L.

Vidéos à la caméra Jean-Jacques K. et Yves L. , montage Jean-Jacques

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