25 novembre 2025: Le télégraphe de Chappe depuis Aumelas

Encadrant Albert P. alias APL

Récit et photos Daniel R.
Nous démarrons du mas d’Arnaud, un des hameaux qui constituent la commune d’Aumelas, direction le télégraphe de Chappe. Après quelques regards vers le château haut d’Aumelas nous montons doucement vers des zones qui furent brûlées en 2022. Les grands arbres sont encore absents mais la nature reprend petit à petit ses droits.
Le temps aurait pu être idéal, le soleil nous accompagnait mais le vent dans ces zones dégagées faisait sensiblement baisser la température. Ceci ne nous empêcha, une fois sur place, de discuter de l’histoire de ce fameux télégraphe. Les documents sur place étant succins et après consultation de mon ami Invisible… enfin non, de mon ami Internet j’ai trouvé quelques précisions sur ce que Claude Chappe nommait un tachygraphe. J’ai rédigé une explication que vous trouverez après le récit de la marche.
Le télégraphe de Chappe était un peu notre but mais une fois ce but atteint nous nous rendîmes compte que le plus important n’était peut-être pas l’œuvre de l’homme mais plutôt l’œuvre de la nature autour de nous. Il y avait bien sûr la végétation qui resplendissait sous ce ciel bleu mais aussi et surtout le paysage, toujours aussi magique, de la Montagne Noire au Mont Aigoual en passant par le Caroux, le Vissous, l’Escandorgue, le Mont Saint Baudille et la Séranne. Dans le même temps nous fréquentions des chemins que nombre d’entre nous n’avaient jamais vus et nous découvrions des petites vallées cachées aux alentours. Une dernière montée un peu raide puis une descente tout aussi raide nous ramena auprès de nos véhicules. Le vent n’ayant pas vraiment faibli, personne ne regretta de s’enfermer dans la tiédeur de nos voitures.
Merci Albert

Le Tachygraphe de Chappe

Le système mis en service dès 1794 permettait d’envoyer un message de Paris à Strasbourg en 2 heures alors que le même déplacement en diligence durait quatre jours. Les 5000 kilomètres du réseau français comportait 534 tours et reliait 29 villes importantes. Dans chacune de ces tours il y avait deux opérateurs, les stationnaires, souvent des militaires invalides qui retrouvaient là un emploi.
C’était un moyen « moderne » d’envoyer des messages rapidement et c’est pourquoi Chappe lui donna le nom de tachygraphe (en grec takhus : rapide et graphein : écrire).
Le système comprend des tours espacées de 2 à 4 lieues (8 à 16 km) selon le relief. Chaque tour est surmontée d’un mat qui porte un bras articulé de 4m (le régulateur) pouvant prendre quatre positions : verticale, horizontale, diagonale à gauche et diagonale à droite.
Deux bras de 2m (les indicateurs) sont attachés aux extrémités du régulateur. Chaque indicateur peut prendre 8 positions. En théorie cela permet 4 x 8 x 8 = 256 signaux différents. Certains signaux étaient réservés à la gestion de la liaison (régulateur en diagonale = je suis en train d’écrire) et certains signaux n’étaient pas utilisés car trop difficiles à différencier (les 2 indicateurs dans le prolongements ou repliés sur le régulateur).
Chappe conserva 92 signaux auxquels était associé un nombre selon le tableau présent en fin dans le diaporama. Les auteurs des messages et les destinataires disposaient d’un livre de 92 pages contenant chacune 92 mots numérotés soit 8464 mots comme le montre la photo du diaporama.
Les stationnaires ne connaissaient la signification que des signaux techniques, ensuite ils transmettaient des suites de deux signaux sans les comprendre, ce qui assurait un certain secret.
La communication se faisait par série de deux signaux. Le premier est le numéro de la page et le second est le numéro de la ligne. Avec l’aide son livre, l’auteur codait son texte, en une série de nombres à deux chiffres. Il la donnait aux stationnaires qui eux convertissaient les nombres en positions des bras articulés sur la tour.
Ces signaux étaient vus par les stationnaires suivants, au moyen de longues-vues sur trépied, et les répétaient immédiatement. Dans la station destinatrice, les stationnaires transcrivaient sur papier les suite de nombres et les donnait au responsable local.
En 1794, quand le service fut mis en place, un message partant de Paris arrivait en 2 heures à Strasbourg tandis que le service de courrier par diligence nécessitait 4 jours. Cette vitesse moyenne de transmission du message, 150 km/h, doubla avec le temps et l’habitude du système,permettant dans les années 1840 d’envoyer un message Paris à Marseille en moins de 3 heures.
Le réseau s’étendit jusqu’aux Pay-Bas et à l’Italie, et il fut aussi déployé en Algérie à partir de la colonisation.

Ci dessous un message d’abord tel qu’il était chiffré par son auteur et ensuite sous la forme des signaux transmis.

Pour la solution, cliquez sur le télégraphe…. Elle est à la fin du diaporama 😉

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